21.05.2008

TRAHISON NOTOIRE ENVERS LES PSYCHOLOGUES ET LES ETUDIANTS EN PSYCHOLOGIE PAR CERTAINS PROFESSEURS D'UNIVERSITE RESPONSABLES DE DIPLÖMES UNIVERSITAIRES

TRAHISON NOTOIRE ENVERS LES PSYCHOLOGUES ET LES ÉTUDIANTS EN PSYCHOLOGIE PAR CERTAINS PROFESSEURS D’UNIVERSITÉ RESPONSABLES DE DIPLÔMES UNIVERSITAIRES, s’agissant du démantèlement du MASTER en Psychologie par la formation permanente. Nous désignons le DESU spécial psychothérapies et psychopathologie clinique de l’Université de Paris 8.

Il est urgent de comprendre que les professeurs d’université non psychologues n’ont pas à se rendre propriétaires de la pratique de notre profession. Il s’agit d’un abus de pouvoir, lequel se redouble d’une mystification intellectuelle : un détournement caractérisé de la fonction de formation en psychologie.

Il est urgent de comprendre qu’il s’agit d’un commerce qui ne dit pas son nom et qui demeure, ce faisant, en contradiction flagrante avec les objectifs assignés aux équipes pédagogiques universitaires, au titre de l’enseignement fondamental et appliqué de la matière.

Au nom d’un critère matériel ayant trait au contenu de la formation (diplôme de Master universitaire) et d’un critère formel ayant trait à la consécration législative du titre de psychologue, le psychologue est le détenteur compétent et référent de la connaissance et de la pratique clinique de la psychologie.


Celles-ci incluent dans le champ du soin sur l’exercice de la psychothérapie qui, comme toute thérapeutique, relève de la seule compétence du thérapeute.

Lequel doit apporter les garanties à priori nécessaires – moyennant une formation universitaire sanctionnée par le seul Master. Pour assurer la protection et la sécurité des usagers.

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Chères Consœurs, Chers Confrères,

Notre syndicat, toujours prompt à lutter contre les abus et dérives préjudiciables à la profession de psychologue, met en garde contre le risque important de démantèlement des diplômes universitaires, et notamment du Master en Psychologie instrumenté par certains professeurs d’Université.

Ceux-là mêmes trahissent leurs étudiants et les psychologues en créant des diplômes universitaires payants, qui, sous couvert de la formation continue, concurrencent déloyalement les vrais diplômes d’Etat de troisième cycle universitaire.

Ce phénomène est apparu avec l’efflorescence de diplômes universitaires, DU, DES, DESU, DFSSU, en toutes disciplines, qui dépendent des départements de formations continues, et dispensent des pseudo-formations à des pseudo thérapeutes (sous les labels par exemple de « victimologue », « alcoologue », « coatch », ou encore, « psychothérapies et psychopathologie clinique ») n’ayant pas de pré requis universitaires de haut niveau (Master ou DESS en Psychologie). Pourtant, la formation continue correspond à une actualisation des connaissances sur la base de pré requis bien définis que constitue la formation initiale professionnelle.

Et, au-delà de l’atteinte caractérisée à l’identité de notre activité de psychologue, l’amalgame ainsi recherché peut être redoutable en termes de santé publique.

Car les non avertis, parmi lesquels se comptent de nombreux usagers, qui rencontreront ces prétendus diplômés professionnels, seront une fois de plus exposés à une prolifération de pratiques d’un nouveau genre, non clairement définies ou appréhendées d’un point de vue scientifique, et, de ce fait, potentiellement dangereuses.

Puisque ces praticiens, utilisant ce no man’s land juridique qu’est à ce jour la psychothérapie, pourront, forts d’une caution universitaire, exercer en toute quiétude, en profitant de la confusion des genres.

Or, force est de constater que ce projet est révélateur de ce qu’il convient d’appeler une collusion patente entre intérêts financiers privés et intérêts financiers publics, ou la rencontre préméditée de deux univers que tout devrait théoriquement séparer.

Traduction concrète : l’une des dernières trouvailles produite par l’Université à travers la création d’un DESU spécial psychothérapies et psychopathologie clinique à l’Université de Paris 8 calqué exactement sur le projet de décret que nous contestions et que nous continuons à contester…

En effet, chers confrères, aujourd’hui nous requérons toute votre attention pour vous présenter une explication limpide du motif de la trahison de certains universitaires, consistant pour l’essentiel à ne pas prendre fait et cause pour Master de psychologie (ou DESS), comme constituant un pré-requis incontournable au titre de psychothérapeute (au cours de la concertation avec le gouvernement en 2006 et des discussions en 2007).

Ainsi, la supercherie de ce DESU se conjugue à toutes les étapes, depuis sa présentation jusqu’à sa validation inexistante sur le programme du site internet de Paris 8, et consiste à :

- donner quasiment le même nom de diplôme à une validation issue de la formation permanente qu’à notre propre diplôme de Psychologie dans sa spécialité psychologie clinique et pathologique

- faire croire abusivement que le programme de ce DESU relève de la même exigence que le Master de psychologie (DESS), en mettant en équivalence un bas niveau et un haut niveau de formation. En effet, ce pseudo nouveau diplôme est défini malhonnêtement comme « garantissant une formation théorique et pratique de haut niveau » (sic).

- entretenir une confusion en faisant croire qu’il s’agit d’un Diplôme National, alors qu’il s’agit d’un diplôme d’Université spécifique à la seule université de Paris 8.

- dévaluer l’exercice libéral qui est présenté sur le document du site internet comme « débouché » et dévaluer également l’exercice public comme « débouché » au sein de structures médico sociales.

- entretenir la confusion entre le diplôme de psychologie (notre Master) et un diplôme bas de gamme en psychopathologie clinique, ce qui est une manière de détourner l’obstacle légal de la pratique de la psychologie par le psychologue par une pratique de psychopathologie clinique (et de psychothérapie)

- détourner l’utilité de la formation permanente qui consiste en une actualisation des connaissances acquises (et non un plagiat de prérequis de savoirs fondamentaux)


Or nous savons bien que la psychopathologie n’est qu’une composante des connaissances générales et fondamentales de la psychologie et qu’elle ne constitue qu’un moyen. Et certainement pas une fin en soi (sic !).


Pour couronner le tout, l’un des deux responsables pédagogiques de ce DESU, M. Blanchet cumule la direction de l’UFR de psychologie en cette même université Paris 8. Il fut aussi président de la SFP.

Or, il ressort, d’une part, que M. Blanchet orchestre le cursus complet des psychologues par la voie des études longues de troisième cycle, et, d’autre part, en tant que directeur de la formation universitaire, il apporte une onction scientifique à une formation courte « ultra light » pour un coût « modique » de 5200 euros, en lui donnant un titre pompeux, porteur de l’amalgame ci-dessus explicité.

Or, chers confrères, quelle est la différence entre l’inscription sur une plaque professionnelle de « DESU : Diplôme d’Etude Supérieur Universitaire, psychothérapies et psychopathologie clinique, (Paris 8) » et « DESS : Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées clinique et pathologique (Paris 8 …5…7…13…) » ? Les usagers déjà étourdis par ces pléthores d’auto-appellations « psy » de tout poil et leurs pseudo « diplômes » ne laisseront-ils pas duper de cette appellation « Supérieur d’université » ?

Une fois de plus, la perspective inquiétante du danger des pratiques et appellations abusives s’impose, mais cette fois-ci cautionnée de l’intérieur par l’université française, elle-même, et ses prestigieux professeurs (voir la liste des intervenants).

Cette position est irrecevable car elle est intellectuellement fausse, dangereuse pour le public et pour les étudiants en psychologie.

En outre, un DESU ne trouve sa légitimité, que lorsqu’il existe une demande spécifique sur le marché de l’emploi. Ce qui est loin d’être le cas.

En conséquence, ce DESU n’est d’aucune utilité puisqu’il n’est pas spécifique à un besoin local ou régional qui ne soit point couvert par des diplômes nationaux. En effet, en ce qui concerne les disciplines de la psychothérapie et psychopathologie clinique, il existe déjà pléthore de psychologues. Voire, il y en aurait trop : ce qui justifierait, selon la FFPP, un numerus clausus.

Force est de constater que, une fois de plus, les enjeux ne se situent pas au niveau des exigences de qualité de la formation, mais dans les bénéfices que l’Université ou ses enseignants peuvent en retirer. Sans états d’âme.

Autre point, M. Blanchet a l’outrecuidance d’être présent aux réunions de psychologues. De toute évidence, qu’il ne saurait avoir sa place dans nos débats sur l’ordre et la déontologie des psychologues. Nous ne pouvons cautionner ce manque d’éthique et de déontologie chez un universitaire, responsable d’une UFR de psychologie, qui promeut la dévaluation de nos diplômes et le nivellement par le bas.

En conclusion, ce DESU de Paris 8 est un blanc-seing
officiel (une carte blanche officielle avec le tampon de l’université) qui permettra à toute personne issue d’un mouvement sectaire d’exercer en toute légalité avec la caution de l’Université.

Sachez que le pire pourrait advenir. Le gouvernement a toujours dans l’idée de valider un titre de psychothérapeute et le projet de décret qui en formaliserait l’existence exposerait, s’il était mis en application, d’autant plus le public aux dérives des pratiques dangereuses et sectaires.


Sortons d’un tel piège !

Chères Consœurs, chers Confrères, contrairement à ces professeurs, notre syndicat revendique absolument le respect et le maintien de l’enseignement universitaire intègre et pétri de vrais savoirs fondamentaux de haut niveau, et de vraies évaluations des connaissances.

C’est en tout cas une exigence fondamentale car il en va de l’équilibre psychique et de la santé mentale des usagers.

Aussi, chères Consœurs chers Confrères, nous faisons appel à votre mobilisation.

C’est notre profession, PSYCHOLOGUE, que ces professeurs, par l’appât du gain, usant de leur pouvoir, sont en train de dévaluer et de piller. Hier, nos aînés, par leur pugnacité, ont construit ses fondations et l’ont assise par la promulgation de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985.

Aujourd’hui, ceux là même qui nous ont enseigné la déconstruisent et en démantèlent le titre.
Ne les laissons pas faire….
…. Alors qu’attendez-vous pour réagir ?


Mireille BOUSKÉLA
Présidente du SPEL

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ANNEXE

Le Diplôme d’Etudes Supérieures Universitaire, DESU, de psychothérapies et psychopathologie clinique de
Paris 8 : parcours fléché en référence au programme présenté sur le site de la Formation Permanente de Paris 8 en date du 10/04/2008


Les éléments de citation sont en italique. Nos commentaires suivent chaque citation.

Public concerné : cette formation s’adresse aux professionnels concernés par l’accompagnement des publics en difficulté psychique ».
* La qualité et le titre des professionnels ne sont pas définis. Cette formation s’adresse à un très et trop vaste public.

- « Critères d’admission : - sur titre (licence de psychologie) ou validation des acquis + justification d’au moins trois années d’exercice professionnel auprès de publics en difficulté… » :
* 1/ quel est le comité qui valide les acquis et sur quels critères ? En l’absence de critères précis, ce DESU est susceptible d’accepter tout candidat.
2/ il est inadmissible de mettre en équivalence une Licence de Psychologie avec une validation des acquis. La notion de Licence universitaire est battue en brèche. La Licence de Psychologie reste un Titre universitaire à acquérir par l’évaluation et la validation classique des connaissances à partir du BAC.

- « Diplôme délivré DESU… bac + 4 » :
* voici un élément de confusion sur la valeur réelle de ce diplôme. « Bac + 4 » ne définit en aucun cas l’obtention de la Licence (aujourd’hui L1 L2 L3 et anciennement DEUG + licence), à laquelle doit s’ajouter M1 (aujourd’hui MASTER 1) pour définir le niveau universitaire BAC +4.
En conséquence, il s’agit d’une stratégie perverse de confusion de valeur des diplômes.

Validation du Diplôme » :
* rien n’est notifié sur le programme du site internet. Après avoir posé la question à l’adresse, info-sfp@univ-paris8.fr, nous avons reçu la réponse suivante de Odile Ouedraogo : « cette formation est validée par la soutenance d’un mémoire devant jury ».
Il n’y a effectivement aucun examen d’évaluation (en fonction de quel niveau de mémoire et de quel jury ?). En conséquence, il n’existe pas de validation des connaissances dignes de ce nom, comme l’Université l’applique dans l’enseignement des savoirs fondamentaux.

- « Débouchés professionnels : praticiens de la psychothérapie, exerçant en libéral ou au sein de structures médico-sociales » :
* « Praticiens » ne constitue pas un titre en soi. Ces propositions constituent de faux débouchés professionnels. Elles inciteraient, malheureusement, plutôt à l’usurpation du Titre et de l’exercice du psychologue en structures médico-sociales (ce qui est déjà le cas) et en exercice libéral dont la signification ici est dévaluée (ce qui est déjà le cas). En effet, une Profession Libérale est, par définition, exercée par un professionnel détenteur d’un diplôme universitaire de haut niveau théorique et pratique (à l’égal de notre Master en Psychologie). Sinon, il s’agit d’un service commercial. Il en est de même pour le secteur public. Conséquence : le public dérouté sera d’autant plus exposé aux pratiques dangereuses et aux dérives sectaires, avec la caution de ces professeurs d’universités.

- « Coût : 5200 euros ».
* Ces candidats seraient supposés être validables par le fait d’avoir acheté leur diplôme à ce coût conséquent.

« Contenu de la formation » :
- « Module 1 (101h30) fondamentaux de la psychopathologie clinique et de la psychologie » :
* comprend 6 thèmes en 101h 30, soit une moyenne de 17 h par thème. Parler de fondamentaux en si peu d’heures est abusif. En comparaison les étudiants en psychologie apprennent ces fondamentaux tout au long de leur cursus durant 5 à 6 années. De qui se moquent M. Blanchet et Mme Castillo pour prétendre que ce DESU garantit « une formation théorique et pratique de haut niveau » (sic) ?

- « Module 2 (66 h30) Sémiologie clinique : de la symptomatologie au diagnostic » :
* comprend 19 thèmes en 66 h 30, soit une moyenne de 3h30 par thème. De qui se moquent M. Blanchet et Mme Castillo pour prétendre que ce DESU garantit « une formation théorique et pratique de haut niveau » ?

- « Module 3 (185h30) Méthodes techniques et pratiques spécifiques aux différentes approches en psychothérapie » :
* comprend 5 thèmes où tout est enseigné sur « les psychothérapies », en 185 h 30. C’est tout simplement et scandaleusement mensonger. De qui se moquent M. Blanchet et Mme Castillo pour prétendre que ce DESU garantit « une formation théorique et pratique de haut niveau » ?

- « Module 4 (47h) supervision du mémoire professionnel et du stage » :
* ces 47 heures sont censées comprendre un séminaire de supervision du mémoire par un enseignant chercheur, un tutorat individuel de l’élaboration du mémoire, des séminaires de supervision du stage. Nos commentaires sont les mêmes que ceux-ci-dessus.

* En outre, pour le Master de Psychologie, en ce qui concerne les stages de licence, Master 1 et Master 2, il existe 3 mémoires à produire. Pour chaque année, le professeur enseignant chercheur doit être le même que celui qui supervise l’élaboration du mémoire. Pour chacune de ces trois années, le séminaire de supervision du stage doit faire l’objet d’une validation, compte-tenu du fait que le stage doit, pour chaque année, fournir le matériau clinique du mémoire. L’ensemble donnant accès à la validation de ce module général, année par année. Pour la dernière année de Master qui fait l’objet d’un numerus clausus pour y accéder, le mémoire terminal doit faire l’objet d’une soutenance devant au minimum deux professeurs enseignants chercheurs.

- « Stage pratique (420 h) » :
* ce nombre d’heures est dérisoire et cette formation ne peut aucunement se qualifier de « supérieure ». De plus les lieux de stage étant engorgés, ce stage effectué par les candidats du DESU représente une concurrence déloyale vis-à-vis des étudiants en psychologie. Le nerf de la guerre étant l’argent, on peut craindre en effet, que les lieux de stage soient réservés en priorité à ceux qui s’acquitteraient des 5200 euros.
Pour le Master de Psychologie, ces stages sont d’un minimum de 500 heures et doivent être situés en dehors du lieu de travail, si l’étudiant est salarié, et ne doivent pas être fractionnés dans le courant de chaque année (par exemple, pour Paris 7 : 200 heures en L3 – 300 heures en M1 – 400 heures en M2).

- « Le DESU « psychothérapies et psychopathologie clinique » propose une solide formation théorique et pratique en psychopathologie clinique en relation avec la pratique des psychothérapies… Le DESU met l’accent, de façon accrue … et ce, en intégrant les dimensions réflexives, critiques et déontologiques indispensables à un exercice circonstancié et de haute qualité garantissant ainsi une formation théorique et pratique de haut niveau ».
 Cette présentation parle d’elle-même. Le cumul d’adjectif superlatifs signe la malhonnêteté intellectuelle et morale criantes, compte tenu du très faible nombre d’heures de ce programme.

Il suffit d’additionner :

101 h 30 + 66 h 30+ 185 h 30 + 47 h + 420 h = 820 h 30

Le comble ! Dans « informations générales », la durée totale de ce DESU est annoncée faussement à 835 heures. Il manque donc 14 h 30.

M. Blanchet et Mme Castillo, qu’avez-vous fait de ces petites heures qui manquent dans vos « calculs ». Et que faites vous des trois mille heures théoriques et pratiques nécessaires pour suivre le MASTER en Psychologie clinique et pathologique (L1,2,3 + M1 + M2), sans compter les neuf mille heures a minima de travail personnel nécessaire pour obtenir ce diplôme dans une majorité de temps de six années. Il eût mieux valu que vous défendiez ce MASTER en Psychologie de valeur nationale en réalité de six années, au lieu de chercher à le démanteler aujourd’hui par un diplôme nivelé par le bas et achetable.

La confusion des langues persiste et signe, dès lors qu’il s’agit de compter les heures pour définir la valeur nationale d’un diplôme. Où sont passées les valeurs de connaissance et d’éthique que nous avions apprises sur les bancs de l’Université !!!

LE SPEL, le 20 mai 2008

SPEL - Siège social et secrétariat : 29, rue Auguste Blanqui 93600 AULNAY Sous Bois
Tel : 01 48 79 22 43 - Fax : 01 48 68 35 48 – www.syndicat-spel.org – syndicatspel@aol.com

10.04.2008

CONFERENCE -DEBAT SUR LA CREATION DE L'ORDRE PROFESSIONNEL DES PSYCHOLOGUES

SUITE A LA CONFERENCE-DEBAT ORGANISEE A PARIS, SUR LA QUESTION DE LA
CREATION DE L’ORDRE PROFESSIONNEL DES PSYCHOLOGUES,
LE SPEL REAGIT….



Représentant notre syndicat professionnel acompagnées de quelques confères, le vendredi 4 avril 2008, nous nous sommes rendues à la conférence-débat organisée par la FFPP au CNAM à Paris, ayant pour thème « Faut-il créer un ordre des psychologues ? ». Avec la participation à la tribune de M. J.M. BALLESTER, Secrétaire départemental Île de France du SNP, du professeur de psychologie M. R. LECUYER, président de la FFPP, et d’un modérateur, membre de la FFPP.

D’emblée, ce débat aurait pu tout simplement tourner court, tant les conférenciers ont mal traité le sujet.

Nous avons donc donné de la voix, permettant ainsi aux langues de se délier sous forme d’interventions pertinentes et de vérités toutes bonnes à dire. Quand bien même le débat demeura bien plat, faute d’un vrai désir de la part des intervenants de communiquer sur le sujet.

Ces derniers n’ont pas su exposer clairement ce qu’est un ordre professionnel, ni à quoi il sert, ni surtout l’état des lieux de la profession et les vrais enjeux actuels. Pourtant, ces deux organisations avaient la prétention de convier toute une profession à un débat fondamental sur son avenir.

En effet, M. Ballester au terme de son exposé sur l’historique et le juridique des ordres professionnels, nous affirma du bout des lèvres sa position et celle du SNP favorables à un ordre des psychologues.
De leur côté, les deux représentants de la FFPP, nous ont donné le spectacle d’une pièce de théâtre loufoque et affligeante, arguant que la FFPP « n’était nipournicontre et y réfléchissait » (une gestation chronique instituée, puisque son ancêtre, la Société Française de Psychologie, SFP, avait initialisé le débat il y a déjà plus de 40 ans). Son Président, le Pr. Lécuyer tout en martelant ce jour là qu’il ne représentait que lui-même, (allez comprendre !), nous fit bien entendre son hostilité à l’ordre professionnel des psychologues. Ses justifications se perdirent dans un raisonnement politicard aussi filandreux que vide, et pour cause : il n’est pas psychologue, n’en connaît pas la pratique, encore moins les problèmes posés quotidiennement par l’absence de réglementation de notre profession. De plus, il connaît encore moins le désarroi du public face à la prolifération d’offres d’accompagnement ou de soins psychiques farfelues, proposées par les autoproclamés (peutes de tout poil, coatchs etc…). En revanche il était fier de nous vendre, par une opération marketing rapidement ficelée, son dada, l'EUROPSY", qui est grosso modo une certification qualité des psychologues européens.

Ensuite, pour masquer le vide, la tribune nous resservit la tarte à la crème habituelle comme si nous n'étions pas au courant qu'il existât : LeCodededéontologiedesPsychologues. Bref, nous étions dans le vif du sujet.

Nous menâmes le contradictoire, rondement, librement et de façon percutante depuis l'amphithéâtre. La fête battait son plein. Nul besoin de trôner à la sainte tribune pour donner une leçon sur la levée de tabous qui paralysent notre profession.
D’ailleurs, les langues se délièrent déversant leurs rancunes contre l’Université et notamment :
- son immobilisme stalinien depuis 40 ans,
- ses professeurs de psychologie qui dilapident allègrement pour l’appât du gain, la science psychologique et nos savoirs faire. Sans état d’âmes, ils interviennent dans des formations de «psychothérapeutes de tout poil », organisent des formations de médiateurs de justice, des formations de coaching... etc...en 400 heures, sans sélection autre, parfois, qu’en acquitter le coût. La supercherie consiste à affirmer que ces « techniciens » version formation ultra light, seront des praticiens issus "d'un haut niveau de formation " (sic). Cela s'appelle vendre le Château de famille en appartements, voire le détruire pour vendre le terrain nu aux bâtisseurs. Et encore, ces profs ne sont pas gênés de nous donner des leçons d’éthiquesetdedéontologie au cours de notre cursus universitaire. La morale de cette histoire….

Ces profs ont également l’outrecuidance de participer aux réunions décisives des psychologues qui continuent naïvement, (pourquoi donc s’en priver) à les accueillir dans leurs réunions. Et bien chers confrères, le SPEL n’en est pas, et n’en sera pas, tant que ces professeurs qui nous trahissent en seront. C’est ainsi que ce bon M. LECUYER, professeur de psychologie s’est octroyé une mission impossible : unifier la profession dont il ne fait pas partie.

Ainsi, nous déclarons que l’ordre professionnel des psychologues est notre chantier, à nous et seulement à nous les psychologues. Nous entendons en débattre et en décider nous mêmes.
- Autres moments de ce « débat », M. Lécuyer se garda bien de présenter les situations des pays où l’ordre en place permet des ouvertures extraordinaires. Ainsi, la Présidente du Conseil de l’Ordre du QUEBEC, Mme Marie-Rose CHAREST, a présenté dernièrement une de loi réglementant les psychothérapeutes, devant l’Assemblée Nationale en présence des Ministres concernés. Autre exemple, les moyens financiers des ordres permettent d’avoir des permanents et donc des représentants à des postes stratégiques et notamment européens. Par exemple M. PIERANGELO SARDI Psychologue Italien est Président du Conseil Européen des Professions Libérales (Céplis), (duquel nous sommes membre). Il se garde aussi de dire que les professions réglementées à ordre seront celles qui sortiront leur épingle du jeu dans les transpositions de directives européennes.
- Ces intervenants cristallisèrent l’attention sur le choix du Ministère de tutelle, en en faisant un problème, prenant l’exemple des architectes et de leurs changements successifs de Ministères de rattachement. Et alors? Le métier d'architecte n'en est pas affaibli pour autant, ni intellectuellement, ni économiquement...L'ordre des architectes est parvenu à imposer l'homme de l'art dans toute construction de 100 M2 et plus, alors que nous n'avons pas été fichus de négocier quoi que ce soit avec le Ministère du travail lors de la création des bilans de compétences en 1991 par Martine Aubry...

Pour conclure. La FFPP annonçait ce débat avec la formule suivante : « La commission de formation continue de la coordination régionale d’Île de France organise une conférence-débat dont l’enjeu est d’informer, mais aussi de faire travailler ensemble, les psychologues de la région sur une question cruciale pour l’avenir de notre profession : Faut-il créer un Ordre des psychologues ? »
Premièrement, que vient faire la formation continue dans cette histoire ? Deuxièmement, franchement, pour s’informer, internet c’est mieux. Troisièmement, quant à l’enjeu de la conférence débat, notre modeste avis est que la FFPP ait trouvé ce motif vendeur pour faire sa promotion.


Réfléchissons !...

…Et comparons. Il y a 40 ans, les entreprises recrutaient des psychologues, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le premier cabinet de recrutement fut créé à PARIS en 1960 par un psychologue. Aujourd'hui, le métier est tenu par des franchisés sans qualification, usant de stagiaires pour faire passer les bilans psychologiques. (Et en l’absence de stagiaires, les opératrices font l’affaire). Les bilans de compétence sont pratiqués le plus souvent par des professionnels sans qualification... les psychologues sont exclus des médiations de justice au profit de "médiateurs » formés en 600 heures.

Par ailleurs, la loi des professeurs de psychologie s'est imposée, dans une parfaite traîtrise en amorçant, le démantèlement de notre titre universitaire et de notre profession. De même le CNAM vend le diplôme de psychologue du travail à PARIS comme en province, contribuant à ce démantèlement : les cadres viennent y acheter une ou deux UV, qu'ils utilisent dans leur entreprise ou pour ouvrir un cabinet de consultant.
Ce double jeu des universitaires contribue à instaurer un climat de défiance délétère pour notre corps professionnel ; concurrence déloyale et illégale. Notre exercice en libéral est spolié et le public, ne sait plus à quel « psy » se vouer. Le vrai, le faux, le déclaré officiellement, le non déclaré qui pratique clandestinement.

Notre métier nous cantonnerait-il dans un manque de vision stratégique sociale globale, au profit de la relation individuelle ? Certes, certes, nos préoccupations humanistes ne doivent pas nous faire oublier que le nerf de la guerre, c’est l’argent.

Quelle évolution ? Et si tous les psychologues de France et de Navarre se donnaient la main.

Enfin, revenons à notre « débat ».

L'amphithéâtre, conscient du désordre de la profession, était globalement favorable à un ordre.

In fine, les organisateurs de la réunion eurent l'outrecuidance de nous demander l’aumône, pour participer aux frais de cette manifestation. On aurait mieux compris qu'ils organisassent un vote pour ou contre un ordre professionnel si tel avait été leur objectif réel. Le résultat eut été trop probant. Les masques tombent toujours….

A lors, qu'attendez vous pour réagir ?

Mireille BOUSKELA, Présidente du SPEL
Marie-Ange HELIE, Vice Présidente du SPEL

10.02.2008

LE PSYCHOLOGUE DANS TOUS SES ETATS

Psychologues ? "tout - est - faux - ar-chi - faux"...

Une chose est sûre:

Le fichier ADELI des DDASS ne comporte que des psychologues, production de diplôme oblige... ce qui ne veut pas dire qu'il soit complet.

Qu'en est-il à l'URSSAF ?
Le plus souvent, lors de notre déclaration en libéral, aucun justificatif de diplôme nous est demandé, laissant la porte ouverte à toute fausse déclaration. Les informations de cet organisme transmises ensuite à
- la CIPAV, notre caisse de retraite,
- l'INSEE établissant les codes APE
- FIF PL,
ont de fortes chances d'être ainsi erronées.

Nous constatons par ailleurs qu'au FIF PL, notre collège est commun aux psychothérapeutes, psychanalystes, ostéopathes, psychomotriciens; si bien que les psychologues sont contraints de partager leur mise de fonds formation avec des professions à très forte demande.
On veut bien qu'il y ait mutualisation mais pas au point d'additionner des poules et des lapins et des canards.

Seul notre jeune syndicat souligne ces problèmes. Notre travail de fourmis est plus utile à la profession que les voix de stentor et les plumitifs qui, depuis maintenant 22 ans, se gargarisent de la seule protection du titre...


Au travail ! et que chacun soit en alerte !

Marie-Ange HÉLIE
Psychologue du Travail
Recrutements & Carrières
55 avenue du docteur Léon Moynac
64100 BAYONNE
Tél. :05 59 63 20 31
Fax :05 59 63 22 50
www.helie.net